Du corps à l’âme

REVENIR AU CORPS POUR SAISIR L’ÂME

L’intérêt pour le figuratif s’est imposé comme un désir de renouer avec les longues années de formation académique et l’étude du corps humain. Revenir au figuratif, c’était revenir au rapport intime avec le modèle et ses formes dynamiques. Les postures, les gestes, chaque détail devenait une porte d’entrée vers une compréhension plus profonde du visible.

Au fil du temps, d’une étude toujours plus rigoureuse, d’une observation toujours plus fidèle, le regard a dérivé vers l’essence même du sujet, vers ce qui réside au-delà des formes visibles. Alors, les œuvres ont pris une autre direction : plus intimes, plus vibrantes, irriguées de couleurs lumineuses, rehaussées d’un graphisme qui cherche à sublimer la matière et à révéler l’âme tapie en son sein. Peu à peu, le trait s’est libéré, la couleur s’est allégée, et l’œuvre a commencé à respirer autrement. Une épure, un glissement vers l’intime, vers une figuration qui ne cherche plus à dire, mais à suggérer. Les postures, les gestes, le tracé sur le papier, la palette éclatante des couleurs, le pastel crayonné sur la surface pour estomper les formes – tout vibre, appelle, et forge un dialogue intime entre la main et la matière.

Mon travail pictural s’est orienté vers une esthétique du fragment et de la suggestion, s’articulant autour d’une recherche de légèreté et de transparence. La couleur est appliquée par touches subtiles, parfois renforcée par des interventions au pastel, créant un jeu de superpositions où chaque nuance semble flotter à la surface du support. Il ne s’agit pas d’imposer une vision, mais de laisser apparaître une impression, un mouvement à peine perceptible.

L’harmonie chromatique joue également un rôle central dans l’atmosphère de l’œuvre. Les couleurs, rarement saturées, sont appliquées en transparence, laissant affleurer les couches sous-jacentes. Cette palette feutrée, ponctuée de touches plus affirmées, guide le regard. L‘attention oscille entre ce qui est montré et ce qui est suggéré. La lumière rasante, sculpte progressivement le volume du corps en accentuant l‘effet de relief. Les transitions entre ombre et lumière sont fluides, ce qui renforce le naturalisme de l’anatomie.

Le corps n’est pas représenté de manière classique, mais dans une posture recadrée et presque sculpturale, mettant en valeur le volume des formes. L’inclinaison du torse et le positionnement du bras donnent une dynamique au sujet tout en conservant une impression de douceur et d’intimité.

Précédent
Précédent

Origini

Suivant
Suivant

Ombres